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Très haut de gamme, luxe, calme et sécurité

Insensible aux crises, l'immobilier de prestige parisien continue de voir ses volumes de vente et ses prix augmenter. Mais les priorités des acquéreurs fortunés évoluent : ils misent désormais sur la sécurité, la discrétion, mais aussi la responsabilité environnementale.

L'immobilier de luxe ne connaît jamais vraiment la crise à Paris. Pour Junot, dont les agences en ont fait une spécialité, 2025 devrait même être « une année record », confie son directeur général, Nicolas Pettex-Muffat. Les soubresauts de l'actualité laissent ce marché de marbre : « Les prix n'ont cessé d'augmenter sur les biens supérieurs à 10 millions d'euros », observe Alexandre Bruneau, directeur général du (célèbre) groupe Kretz. Même tendance chez Daniel Féau, où les ventes ont bondi de 25% en septembre et de 15% en octobre, quand démarraient les débats parlementaires sur la fiscalité des hauts patrimoines. Mais, en matière d'immobilier, à partir de quel montant peut-on parler de luxe ? « Dès 5 millions d'euros », répond Elodie Frémont, porte-parole des Notaires du Grand Paris. Pour Nicolas Pettex-Muffat, le critère n'est pas tant le montant absolu que la valeur du mètre carré : « A un prix supérieur à 1,4 fois celui du marché, on est dans le haut de gamme ; au delà de 1,8 fois, on entre dans le luxe. ». Les biens qui appartiennent à cette catégorie sont rares à la vente - Paris reste un marché de pénurie - et font le bonheur d'une clientèle fortunée. Un appartement de 272 m² avec vue sur Notre-Dame, dans le 6e arrondissement, s'est récemment vendu à un Américain pour plus de 9,2 millions d'euros. « C'était une véritable oeuvre d'art, avec des finitions réalisées dans la tradition de l'artisanat français », raconte Arthur Colarossi, président du groupe Breteuil. Une vente emblématique d'un marché largement international : « Pour les biens de plus de 5 millions d'euros, 35 % de nos clients sont étrangers, et 36 % d'entre eux sont Américains », précise Charles-Marie Jottras, président du groupe Daniel Féau. Les Etats-Unis ainsi que le Moyen-Orient et l'Europe du Nord restent les premiers bassins d'acheteurs pour le très haut de gamme parisien. Ce n'est par ailleurs pas un hasard si cette transaction record s'est conclue dans le 6ème. Cet arrondissement - notamment Saint-Germain-des-Prés - ainsi que le 7e concentrent tout ce que recherchent désormais les acquéreurs de biens de prestige dans la capitale : le calme, l'authenticité, une vie de quartier et la sécurité. « La sécurité et la discrétion sont devenues aussi importantes que la vue ou l'architecture », souligne Richard Tzipine, directeur général de Barnes. Les grandes fortunes recherchent un luxe plus confidentiel. « Les biens sans vis-à-vis sont privilégiés. Nous sommes entrés dans l'ère du “quiet luxury”, moins ostentatoire et plus raffiné, explique Laurent Demeure, président de Coldwell Banker Europa Realty. Certains clients vont jusqu'à acheter un deuxième logement dans le même immeuble pour y installer leur personnel, notamment leurs agents de protection. » Ce changement de cap profite à la rive gauche, où la présence de ministères, d'ambassades et de forces de sécurité rassure les acquéreurs fortunés. À l'inverse, le 8e arrondissement, longtemps symbole du prestige parisien, pâtit d'une image dégradée par les manifestations répétées. Même les acquéreurs moyen-orientaux, autrefois attachés au triangle d'or, préfèrent désormais l'ambiance feutrée de la rive gauche de la Seine. Autre tendance, l'émergence d'un luxe plus responsable. « Le souci de l'impact environnemental du bien devient un critèrede choix », observe Alexandre Bruneau. Isolation, matériaux durables, performance énergétique... Ces critères intéressent désormais les acquéreurs du très haut de gamme parisien. Reste à savoir jusqu'où ira cette tendance. Des Américains prêts à se passer de la climatisation ? Le doute est permis.

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